L’Europe, in varietate concordia

Comme un manomètre, il indiquait que l’esprit était sous bonne pression.Pour d’autres, plus fidèles à l’esprit du darwinisme, l’influence des conditions ne s’exerce que d’une manière indirecte, en favorisant, dans la concurrence vitale, ceux des représentants d’une espèce que le hasard de la naissance a mieux adaptés au milieu.La fécondité intellectuelle peut comporter, elle aussi, une sorte de débauche : on peut abuser de son cerveau.Des naïfs et des imbéciles, je n’ai pas grand’chose à dire ; les premiers, dupes d’enthousiasmes irréfléchis et d’illusions juvéniles, arrivent souvent à se rendre compte du caractère réel de la doctrine cocardière et sortent, écœurés, de la chapelle où on la prêche ; les seconds, misérables êtres aux cerveaux boueux, forment un immense troupeau de serfs à la disposition d’un maître à forte poigne — ou à fort gosier — et portent leur patriotisme comme les crétins portent leur goître.On peut interpréter l’une par l’autre, ériger l’une en équivalent de l’autre ; mais, tôt ou tard, au commencement ou à la fin, il faudra reconnaître le caractère conventionnel de cette assimilation.De là une désharmonie frappante et choquante, mais dont nous ne devons pas rendre responsable le principe même de la vie.Maintenant, supposons nos yeux ainsi faits qu’ils ne puissent s’empêcher de voir dans l’œuvre du maître un effet de mosaïque.Dans quelle mesure les dispositifs de la « nouvelle » politique commerciale du Maroc, mise en place depuis une quinzaine d’années, sont susceptibles, par leurs effets sur les performances du commerce extérieur, de placer le pays sur la trajectoire lente mais vertueuse de l’émergence?Des scandales du Panama, par exemple, ils n’ont gardé qu’un souvenir agréable, voire attendri ; ils ne se souviennent pas sans une émotion flatteuse pour leur amour-propre d’éternelles dupes de la comédie des poursuites et du procès, des perquisitions, des condamnations, et de ces ordonnances de non-lieu qui jonchent encore l’Arène.À l’inverse, l’Italie et la France auront tout intérêt à ce que les investisseurs viennent acheter leurs obligations pour maintenir leurs taux bas.C’est ce que défenseurs et adver­saires du libre arbitre oublient également — les premiers quand ils affirment et les autres quand ils nient la possibilité d’agir autrement qu’on a fait.Le dilemme n’est donc pas si facile à résoudre nous indique Antonio Fiori.

Publicités